Loeb : « Trois jours de course difficile »
Si le Français est attendu sur ses terres, en Alsace, il confie que le Rallye de France est loin d’être gagné. Difficiles et rapides, les spéciales du Rallye de France se révèlent délicates.
Sébastien Loeb (Citroën C4 WRC) est attendu ce week-end comme il n’a jamais été attendu sur une manche de Championnat du Monde des Rallyes. Alors que le Rallye de France fait son retour cette année, c’est pour la première fois en Alsace que l’épreuve hexagonale se déroule.
A domicile, le sextuple Champion du Monde sait qu’il doit tout faire pour se concentrer sur la route. « Il va falloir se protéger par rapport à toutes les demandes et toutes les sollicitations, pour que ça reste un rallye normal et le préparer de la même façon que d’habitude », confie Sébastien Loeb.
Nouveau pour tous les pilotes, le Rallye d’Alsace présente de nombreuses interrogations. Mais le pilote Citroën, après les reconnaissances et le shakedown, est confiant. « Pour l’instant, ça se présente bien. On a fait les reconnaissances… Ce sont des spéciales difficiles mais très rapides. C’est un terrain différent de tout ce que l’on connaît. C’est un rallye asphalte mais qui ne ressemble ni au à l’Allemagne, ni à l’Espagne, ni au Monte-Carlo. Il faudra voir comment chacun arrive à se caler sur le rythme et comment chacun va se situer. »
En effet, tous les pilotes sont dans l’inconnu, à commencer par Sébastien Loeb, qui reste très prudent avant le début de l’épreuve. « Ca semble être un rallye plus rapide que tous les rallyes asphalte que l’on a fait jusqu’à présent. J’espère que je vais réussir à trouver le rythme. Les conditions météo ne s’annoncent pas faciles. Il ne faudra pas faire de fautes car il y a des endroits très délicats, étroits et très rapides, avec de la boue projetée sur la route. Ca risque d’être un rallye pas évident du tout. »
Le week-end pourrait consacrer Sébastien Loeb mais ce dernier, conscient des difficultés du terrain, ne veut pas imaginer le scénario idéal trop rapidement. « Le tableau est très beau. Dimanche, la super spéciale se dispute chez moi à Haguenau. Si je gagne le Rallye, je peux remporter le championnat donc beaucoup de choses peuvent arriver en même temps mais il y a trois jours de course difficile à faire avant. »
WRC : la France n’est pas au niveau (vécu)
Que faire de mieux qu’éviter la Porte de Versailles pour échapper à la cohue ce week-end ? Partir en Alsace pour vivre la cohue du Rallye de France et l’attente du septième titre de Champion du Monde de Sébastien Loeb !
Tranche de vie
Arrivée à Strasbourg. Le rallye a pour base le Zénith. Direction donc ce nouveau complexe avec le GPS… A moins d’un kilomètre de l’arrivée, rien n’annonce qu’une épreuve du Championnat du Monde des Rallyes a lieu… Où sont les affiches et la fête promise ?
A 300 mètres du Zénith, un minuscule panneau jaune fluo (du niveau de ceux posés pour le mariage de Stéphanie et Romain) indique l’entrée… face à une barrière fermée. Dans la bonne humeur, on fait le tour pour trouver un nouvel accès.
Beaucoup se plaignent
Dans le parc d’assistance, c’est déjà la crise de nerf. Les prix des engagements sont les plus élevés de la saison et la moindre demande supplémentaire constitue une coûteuse option. Face à ce « racket », le niveau de l’organisation est l’un des plus faibles (le plus faible ?) de la saison. Les documents transmis comportent autant de fautes et d’inexactitudes que de pages… Durant le dernier mois, les coordinateurs des équipes officielles et des meilleures équipes privés ont multiplié les échanges avec l’Alsace pour tenter des démêler ces nombreux problèmes jusqu’à en découvrir de nouveaux en arrivant sur place.
Ce matin, la grogne était en salle de presse. Les journalistes n’ont pas eu accès au shakedown (disputé au cœur de la cité Hautepierre plus connue pour sa tendance à brûler des voitures que pour être un lieu de sport mécanique). « Je n’ai jamais vu ça en Championnat du Monde », criait l’un d’eux à la responsable visiblement désemparée face à un manque flagrant de préparation. Sans oublier une panne générale d’Internet !
A l’entrée du parc d’assistance, un commissaire craque. Une vingtaine de ses pairs ont préféré quitter l’organisation que de continuer dans un tel chaos : « Et je les comprends », lâche-t-il, visiblement usé par le manque de considération, d’attention et d’organisation de ses dirigeants.
Même le parcours ne semble pas être au niveau. En quittant les fabuleuses routes de Corse, la France prenait un gros risque. Si la première journée est prometteuse avec, notamment, Grand Ballon, le reste n’est pas assez sélectif pour une épreuve du WRC. Pire, les équipages grondent après la découverte de l’installation de piquets dans les cordes !
Côté communication, le Rallye de France semble aussi loin du compte. Outre l’absence d’annonces et de publicités autour de l’épreuve, les attaques répétées des écologistes locaux montrent que l’événement ne fait pas l’unanimité. Plusieurs manifestations ont été organisées contre le rallye ces dernières semaines. L’affaire est même allé jusqu’en justice avec la demande (refusée) d’annulation de la spéciale de Grand Ballon (qui passe dans un espace de protection de biotope). Une vingtaine d’associations dénonce le caractère « anachronique » du rallye, un « non-sens écologique » dans des espaces protégés ou une « gabegie déplorable ». Et avec 4,3 millions de subventions accordées par la Région Alsace, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, Strasbourg, Mulhouse et Haguenau, les hôteliers et restaurateurs font grise mine. Rien n’est plein alors que le promoteur avait promis 50 000 nuitées… Les Alsaciens sont là, pas les autres.
Alors que le rallye n’est pas commencé, beaucoup le jugent déjà comme un échec. Et la perspective des séances d’autographes et des cérémonies de départ et d’arrivée mal gérées font craindre le pire.
En choisissant l’Alsace, les responsables français ont tenté de jouer la seule carte « Sébastien Loeb » sans jamais former une équipe professionnelle. Les récents exemples de nouveaux rallyes arrivés au calendrier (La Pologne en particulier l’an passé et même la triste Bulgarie cette année) font de l’ombre à la faiblesse de l’organisation française.
Et dire qu’on réclame aussi un Grand Prix de F1 en France !